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SEMAINE #05 : DU 30 JANVIER AU 5 FEVRIER

 

Big Brodata

Et si nos données personnelles étaient responsables de phénomènes nationaux ? Cette semaine, tous les regards sont tournés vers Michal Kosinki… Qui ? Un psychologue de génie qui a conçu un outil d’analyse des utilisateurs de Facebook. Celui-ci repose sur de petits questionnaires publiés sur le réseau social et sur les données des utilisateurs eux-mêmes (likes, partages etc). L’ensemble des données permet d’analyser la personnalité et de prédire la couleur de peau, l’orientation sexuelle, et même l’affiliation politique de l’utilisateur.
Petit problème : sa base de données n’a pas intéressé que des âmes bien intentionnées. L’équipe de campagne de Trump a tenté d’y avoir accès… Faute de mieux, elle a reproduit l’outil en question, pour identifier à partir des données des utilisateurs les électeurs potentiels des Républicains. Pire, le pauvre Kosinki s’est rendu compte que l’outil et la méthode avaient également été reproduits pour mener la campagne du Brexit. Résultat, on reproche au psychologue en herbe d’avoir réuni les conditions pour le Brexit ET l’élection de Trump. Et si, au lieu de désigner des coupables, on s’intéressait aux impacts de nos données ?

 

Sauve qui peut

Cette semaine, fini de blaguer pour les algorithmes. Le CNIL – Commission nationale de l’information et des libertés – lance un cycle de débats publics sur le sujet, dans le cadre d’une réflexion sur l’éthique et le numérique. Au programme ? Questionner la transparence des algos, leur utilité publique, leur rôle à l’avenir, leurs limites et leurs dangers. Une idée très intéressante, surtout quand plus de la moitié des français ne sait pas ce que c’est (53%) ; et nécessaire : de plus en plus de chercheurs remettent en question leur existence, jusqu’à devenir « datasceptiques » (comme eurosceptique, mais en moins connu).
Les algorithmes de « scoring » par exemple, qui décideront du sort des individus (embauche, peine de prison, filière éducative) en les évaluant pourraient être inquiétants si biaisés. Et oui, lorsque l’on code un algorithme, celui-ci ne peut être « neutre », il y a toujours de l’opinion incrustée dans sa programmation. Voilà pourquoi une sorte d’audit des algorithmes national et démocratique est, de nos jours, désirable : les laisserons-nous décider à notre place ? The End

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Zapsnap

Quand on veut on peut. C’est un peu la maxime de Facebook, qui, après avoir couru dans les jupons de Snapchat, peut commencer à savourer sa victoire. Depuis le lancement des « stories » sur Instagram, ils sont aujourd’hui 150 millions à les regarder quotidiennement. Tandis que le nombre de vues des stories Snap a chuté de 15 % à 40 %… Hum. En cause ? D’abord, la suppression des « stories en continu » qui permettait de visionner toutes nos stories d’un coup ne sont pas en reste. Ensuite, le délaissement de Snap par les influenceurs : et oui, si la plupart naissent sur Instagram ou passent par Instagram, pourquoi ils s’embêteraient à changer d’appli pour faire partager leurs moments de vie ?
En tout cas, Snap Inc n’en démord pas : nouvelle plateforme publicitaire inspirée de son rival, sortie cette semaine des Snapcode qu’on peut rediriger vers des sites web… Autant de fonctionnalités qui tentent de lui faire remonter la pente. Et si au moment fatidique de son entrée en Bourse, Snap Inc commençait à battre de l’aile ? Après lui avoir prêté un futur radieux, les médiums en herbe devraient retenir la leçon : les Millennials et la génération Z sont aussi volatiles qu’une girouette.

 

You are Welcome

Et si la Silicon Valley devenait un état dans l’Etat ? À en voir la révolte qui a suivi le décret anti-immigration de Trump, et la colère partagée par les CEOs des entreprises les plus florissantes, dur de ne pas faire la corrélation. Cette semaine, après le #MuslimBan, les technocrates n’ont jamais été aussi engagés : AirBNB offre des logements à ceux qui sont fraîchement interdits de territoire, CEO de Google manifeste, celui de Twitter veut tenter d’abroger le décret, Zuckie se dit « inquiet » …
Ceux qu’on croyait déconnectés de la réalité ont manifestement les pieds sur terre, au point d’organiser une marche de protestation en mars, appelée « Tech against Trump ». Car c’est bien de ça dont il s’agit : la Silicon Valley s’oppose en tous points à la politique de Trump. Fruit de la mondialisation, en quête de dérégulation et d’autonomie, et qui brasse des centaines de cultures dans chacune des entreprises, la vallée siliconnée a peu de choses à dire à son nouveau Président. Si ce n’est : laisse-nous tranquille. Si le divorce se consomme un peu plus, pourrait-on imaginer une indépendance juridique de la Silicon Valley vis-à-vis des politiques ? Pas si vite… La Californie elle-même prépare déjà son « Calexit ».

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For you eyes only

On vous prévient, la réalité virtuelle va peut-être vous rendre écolo. Cette semaine, au festival du film indépendant de Sundance, dans la toute nouvelle catégorie « changement climatique », on y trouve plusieurs films réalisés en VR. À l’aide d’un casque de visionnage, vous êtes immergés dans l’Amazonie sauvage et rencontrez les autochtones, ou projetés en face d’une fonte des glaces. Vous pouvez ainsi constater de « vos propres yeux » les dégâts provoqués par le réchauffement climatique ou la déforestation… et vous sentir concerné.
L’adage « loin des yeux, loin du cœur » prend toute sa force : des chercheurs américains ont constaté à travers une expérience, qu’après un visionnage en réalité virtuelle, les spectateurs de ces oeuvres étaient mieux disposés à percevoir l’imminence du danger. Comment ? En éprouvant plus d’empathie, à la fois pour les personnages qu’ils « rencontrent » dans le film, et pour leur environnement en général. Alors, les casques de VR, des appareils froids et individualisants ? À en croire les chercheurs, non. La VR pourrait, au contraire, devenir un levier de sensibilisation !

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Si vous voulez être le geek le plus cool ce week-end, sachez que… :