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SEMAINE #40 : DU 02 AU 08 OCTOBRE

 

Ne parlez plus de Snapchat, mais de SnapArt !

Cette semaine, l’app préférée des plus jeunes décide de jouer les musées en révélant un partenariat avec… le plasticien Jeff Koons. Mais si, vous savez, cet artiste qui crée des énormes installations d’objets du quotidien grandeur XXL. En effet, certaines œuvres de l’artiste ont été digitalement dispersées dans le monde et sont visibles en réalité virtuelle à partir de l’application. Typiquement, si vous passez vers le Champ de Mars ces jours-ci, démarrez Snapchat, et l’appli vous indiquera où trouver « Rabbit« , un gigantesque lapin façon ballon de baudruche, installé au beau milieu de la pelouse… Mais visible uniquement à travers votre écran.
Dis-donc, ça vous rappelle pas un truc, ça ? Mais si, des gens rivés sur leurs téléphones, qui avancent comme des robots vers un point précis et qui ont l’air un peu étrange ? Dans le mille, Snapchat nous a remixé Pokémon Go version culture ! Cette fois-ci, vous n’attrapez pas des Pokémon mais des œuvres d’art. D’après le site de lancement, d’autres artistes sont à venir en réalité virtuelle depuis notre petit écran. Après tout, pourquoi pas ? Si le format musée est parfois boudé par les ados, autant faire venir le musée à eux…

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Cette news est 0% retouchée

Ca y est, les mannequins filiformes et les publicités retouchées, c’est fini. Ou presque. Cette semaine, en France, paraît le décret anti Photoshop, qui oblige les annonceurs à préciser sur leurs publicités lorsque les corps ont été modifiés grâce à un logiciel. Cette mesure s’inscrit dans une politique de santé publique, pour préserver les spectateurs les plus jeunes de la dépréciation de leur corps ou du culte de la maigreur. C’est aussi une manière d’inciter les annonceurs à faire bouger les lignes en termes de standards esthétiques.
Ainsi, toute publicité devra porter la mention « photographie retouchée » si tel était le cas… Du coup, deux voies possibles pour les annonceurs. Ou ils cessent de retoucher leurs photos et font le pari de l’authenticité, ou ils continuent à retoucher au risque de devoir le préciser, et ainsi rompre la « magie » de l’image… Hum. Mais lorsqu’un jeune développe des complexes face aux corps parfaits qui lui sont présentés, est-ce qu’une simple mention suffira à lui faire dire : « ah mais non en fait c’est pas réel  » ? A priori non: Instagram ne cache pas ses filtres, bien au contraire et pourtant nous ne cessons pas de nous comparer…

J’ai pas honte d’avoir honte

Cette semaine, nos amis américains ont décidé d’avoir honte… pour la bonne cause. On vous explique. Tout a commencé dans une émission du Late Show, où le comédien Nick Kroll a dévoilé une photo de lui adolescent – c’est-à-dire l’âge des boutons, de l’appareil dentaire, de la coupe au bol, bref, l’âge dont on regrette le plus notre look. Après avoir fait de même, le présentateur star de l’émission Stephen Colbert et son invité ont lancé un défi à leurs comparses : ils s’engagent à faire un don en faveur de l’association des sinistrés de l’ouragan Maria à Porto Rico à chaque fois qu’une personnalité poste une photo d’elle à cet âge tant redouté.
La messe est dite, la campagne lancée : grâce au hashtag #PuberMe, les stars se prêtent au jeu parmi lesquelles Reese Witherspoon, Jimmy Fallon, Lena Dunham, Olivia Wilde ou encore Judd Apatow. Les anonymes se joignent au challenge, et bientôt Twitter voit déferler une vague de photos tendance Biactol dans les feeds… Comme quoi, les challenges nous font mettre le monde à l’envers : pour le Ice Bucket Challenge, se geler était devenu un signe de solidarité, et pour #PuberMe, avoir honte, est devenu cool !

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Juste un point d’équilibre

Instagram, c’est un peu une vitrine lumineuse qui donnerait à voir de magnifiques clichés lissés et filtrés… Mais cette semaine, les Inrocks décident d’aller voir ce qu’il se cache dans l’arrière boutique. Ils découvrent alors la mode de « l’ugly« , à savoir cet Instagram souterrain, insoupçonné, dans lequel les photos objectivement laides se succèdent. Le pire ? Certains de ces comptes, comme UglyDesign sont suivis par 85 000 personnes. On y voit des objets plus kitschs les uns que les autres, entre cuvette en forme de soulier, table en forme de tong ou fringues de très mauvais goût.
La tendance à contempler des choses laides, ou, au mieux, étranges ne s’arrête pas là. Sur le compte « Subway Creatures« , les internautes prennent sur le vif des moments dans les transports où ils font des rencontres improbables. Au menu ? Déguisements étranges, trouvailles dans le métro voire scènes obscènes. Comment expliquer cet attrait du laid ou de l’anormal ? Instagram offrirait à son audience une vision de la réalité trop guindée, trop lisse et finalement bien trop conventionnelle. Ainsi, ces comptes à part ouvrent une forme d’univers parallèle aux internautes et leur permettent de décompresser d’un univers où rien ne dépasse… Un peu de folie dans ce monde de beaux, en somme.

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A vous de jouer

« Faire carrière« , une expression dépassée ? Cette semaine, on s’intéresse à ce phénomène social d’ampleur : à l’heure du court-terme et de l’uberisation, tout porte à croire que nos parcours professionnels n’échappent pas à la règle. Avant, c’était très simple : on enviait les carrières qui s’éternisent dans une même boîte, les bureaux fixes et les parcours joués d’avance. Aujourd’hui, de plus en plus d’études démontrent le contraire : la génération X-Y-Z entretient un rapport différent au travail, entre « slasheurs » – travailleurs qui cumulent les emplois – et entrepreneurs forcenés. L’entreprise n’est plus un sanctuaire, mais s’apparente à un projet dans lequel chacun s’investit et espère y trouver du sens et une part de lui-même.
Pour les plus déterminés, mener sa propre entreprise devient la panacée de notre époque… Comment l’expliquer ? Tout d’abord, le tournant individualiste de nos styles de vie entraîne le culte de la personnalisation : aujourd’hui, on accorde notre consommation avec nos valeurs, tout comme notre job. Au point même de redéfinir complètement notre vie, comme l’explique le journaliste Jean-Laurent Cassely dans « La Révolte des premiers de la classe« . Il décrit les parcours d’anciens intellos du premier rang à l’école qui décident un jour de tout plaquer pour exercer un métier qu’ils estiment plus significatif… Comme passer de comptable à ébéniste, ou de trader à berger. Ou l’inverse ! Oui, oui. Et vous, vous serez prêts à sauter le pas ?

 

Si vous n’avez pas eu le temps de flâner sur le net, prenez le :