Pour ce troisième épisode de SPOKE ABOUT, Jérôme Duchamps reçoit Mathieu Morgensztern, fondateur d'AdaptivAI — un entrepreneur au parcours rare, passé par les plus grands groupes de communication avant de plonger dans le monde de la tech IA. Un épisode dense, précis et sans effet de mode, pour comprendre pourquoi 2026 est une année charnière.
Le déclic : un master "AI for Business" à Oxford en 2021
Avant ChatGPT, avant la déferlante grand public, Mathieu Morgensztern suivait déjà un master "AI for Business" à Oxford. Ce temps d'avance lui a permis de comprendre ce que beaucoup ont découvert en retard : l'IA générative n'est pas une tendance de plus. C'est un changement de paradigme profond, qui redessine la façon même dont on travaille.
Quand ChatGPT est arrivé, il n'a pas été surpris. Il était prêt. Et il a fondé AdaptivAI pour connecter l'IA à la connaissance réelle des entreprises.
Vibe Coding : extraordinaire, mais limité sans expertise
Le Vibe Coding — cette capacité à générer du code via des instructions en langage naturel — est présenté comme révolutionnaire. Et il l'est. Mais Mathieu nuance avec précision : un mauvais développeur avec Cursor ne devient pas un architecte logiciel.
Ce qui vaut pour le code vaut pour tous les métiers : demain, on fera du vibe marketing, du vibe finance, du vibe RH. L'IA ne remplace pas l'expertise — elle l'amplifie. Et ceux qui n'en ont pas n'ont rien à amplifier.
2026 : l'année de l'entreprise agentique
C'est peut-être la conviction la plus forte de cet épisode : 2026 sera l'année de l'entreprise agentique. Chaque fonction clé — marketing, finance, RH, commerce — disposera de ses propres agents IA, connectés à ses données, ses outils et ses objectifs.
Ces agents ne produiront pas seulement plus vite. Ils produiront mieux : plus d'analyses, plus d'insights, plus de qualité à chaque étape. La promesse n'est pas la vitesse — c'est l'élévation du niveau.
Arrêter de chercher des "use cases"
L'une des erreurs les plus fréquentes dans l'adoption de l'IA en entreprise ? Passer du temps à chercher des cas d'usage en chambre. Mathieu Morgensztern propose une approche radicalement différente : venir avec son vrai travail de la semaine et tester l'IA dessus, immédiatement.
L'adoption ne se décrète pas. Elle se vit, dans le quotidien, sur les vraies tâches. C'est comme ça qu'on passe de la curiosité à l'action.
La création reste profondément humaine
L'IA peut exécuter un brief. Elle peut générer, décliner, optimiser. Mais trouver une idée, concevoir une campagne, avoir une intuition créative forte — ça reste humain. Mathieu l'affirme sans ambiguïté, lui qui vient du monde de la communication.
La vraie question n'est pas "l'IA va-t-elle créer à notre place ?" mais "comment l'IA libère-t-elle notre capacité à créer davantage ?"
GEO, souveraineté des données et choix du bon LLM
L'épisode aborde aussi des sujets que les entreprises ne peuvent plus ignorer : le GEO (Generative Engine Optimization) — ce nouveau SEO pensé pour les moteurs IA — la question de la souveraineté des données, et les critères pour choisir son LLM (coût carbone, transparence, adéquation métier).
Autant de décisions stratégiques qui, prises trop tard, auront un coût réel sur la compétitivité des organisations.
La phrase qui résume tout
« L'IA n'est pas qu'un outil en plus. C'est une nouvelle manière de travailler. »
Une phrase simple, mais qui condense l'essentiel : ce n'est pas une question d'outils, c'est une question de posture. Les entreprises qui ont compris ça avancent. Les autres attendent encore.
Écoutez l'épisode
Retrouvez ce troisième épisode de SPOKE ABOUT en version audio et vidéo :
Et vous, votre entreprise est-elle prête pour l'ère agentique ? Discutons-en.